Étude de cas 02 · Alsachimie · Chimie SEVESO

Un dossier SIL reconstruit en six semaines avant inspection

Sur une unité de synthèse classée SEVESO seuil haut, Alsachimie disposait d’analyses SIL formellement complètes, mais dont aucune hypothèse n’était traçable. L’inspection était annoncée. Il restait six semaines.

Mission réalisée pour Alsachimie, dont le nom est publié avec son autorisation. Les désignations de repères et les valeurs sont anonymisées.

SIF requalifiées
22
Scénarios LOPA repris
31
Délai tenu
6 sem.
Reprises demandées
0
Le contexte

Un dossier complet en apparence, vide en démonstration

Les analyses avaient été menées quatre ans plus tôt par un prestataire. Le livrable existait : un classeur, des tableaux, des SIL affichés par fonction. Ce qui manquait était plus grave que ce qui était présent — aucune trace de la provenance des fréquences d’événements initiateurs, aucune justification des crédits accordés aux couches de protection, aucune donnée de fiabilité sourcée.

Un dossier qu’on ne peut pas reconstituer n’est pas un dossier de sécurité : c’est une déclaration. L’inspection le formule exactement dans ces termes.

La contrainte

Six semaines, et pas de reprise complète possible

Reconstruire l’intégralité de l’analyse depuis l’étude de dangers aurait demandé quatre à cinq mois. Le calendrier ne le permettait pas, et l’essentiel du travail antérieur restait probablement juste — simplement non démontré.

La méthode retenue a donc été de trier : identifier les scénarios dont la conclusion tenait quelles que soient les hypothèses raisonnables, et concentrer l’effort de reconstruction sur ceux dont le résultat basculait selon l’hypothèse retenue.

L’intervention

Trier, reconstruire, documenter

  1. 01

    Test de robustesse

    Chaque scénario rejoué avec une hypothèse basse et une hypothèse haute. Dix-neuf conclusions restaient stables ; douze basculaient.

  2. 02

    Reprise LOPA ciblée

    Les douze scénarios sensibles repris intégralement avec les équipes procédé : événements initiateurs re-sourcés, indépendance réelle des couches vérifiée.

  3. 03

    Vérification PFDavg

    Requalification des 22 SIF, données de fiabilité re-sourcées ou remplacées par des valeurs génériques bornées et documentées.

  4. 04

    Registre des hypothèses

    Une ligne par hypothèse : valeur, source, date, auteur, impact sur le résultat. C’est la pièce que l’inspection a ouverte en premier.

Le point technique décisif

Trois scénarios créditaient une même soupape de sécurité comme couche de protection indépendante, en plus de la fonction instrumentée. Or la soupape et le transmetteur de la SIF partageaient le même piquage. L’indépendance n’était pas établie : le crédit a été retiré, le facteur de réduction de risque requis a augmenté d’un ordre de grandeur, et deux SIF sont passées de SIL 2 à SIL 3 cible. Découvrir cela avant l’inspection plutôt que pendant a fait toute la différence.

Le résultat

Un dossier qui se défend seul

Aucune demande de reprise

Le dossier a été présenté en séance et n’a fait l’objet d’aucune demande de reprise. Deux questions ont porté sur des hypothèses ; les deux ont trouvé leur réponse dans le registre, en séance, sans recherche.

Deux écarts identifiés par notre propre analyse ont été présentés spontanément, avec leur plan de correction et leur échéance. Les déclarer soi-même vaut mieux que de les voir relevés par un tiers — c’est aussi ce qui rend le reste du dossier crédible.

Un dossier maintenable

Le registre des hypothèses et les feuilles de calcul ont été remis ouverts. L’équipe sécurité du site met désormais le dossier à jour elle-même à chaque modification d’installation, sans reprendre l’ensemble de l’étude.

C’est le vrai livrable : non pas un rapport figé, mais un dossier que l’exploitant peut faire vivre.

Reproduire ce type de dossier dans SIL-01

Ce qu’il faut en retenir

Ce que l’inspection vérifie, c’est la traçabilité

Un SIL affiché n’intéresse personne. Ce qui est examiné, c’est la chaîne qui va de l’événement initiateur au chiffre final : d’où vient chaque valeur, qui l’a retenue, et ce qui se passe si elle est fausse.

Un dossier construit ainsi résiste à l’inspection, mais surtout il survit au départ de celui qui l’a écrit.

Discuter d’une échéance d’inspection Voir l’offre Études SIL & FMEDA